Bilan potager - partie 1

La réflexion autour de notre manière de consommer m'a très vite amenée à vouloir modifier les achats que je faisais. Du supermarché traditionnel, je suis passée aux magasins bios, aux marchés locaux et leurs producteurs raisonnés. Désormais, je pousse plus loin la démarche et je créé mon premier potager en autonomie.


Tout a commencé lorsque nous avons eu la chance de rencontrer des personnes qui souhaitaient vendre leur auberge, dans le Jura. Mon emploi était sur la sellette puisque mon employeur ne me payait plus et l'Amoureux et moi cherchions un projet dans lequel s'investir. La carte de l'auberge-gite était déjà bio et locale - et il n'était pas question de changer cela - mais nous souhaitions apporter quelque chose de plus : des légumes cultivés nous-mêmes. Malheureusement, l'apport dont nous avions besoin pour faire l'achat venant principalement de ce que mon employeur me devait, ce projet, dans lequel nous nous étions beaucoup investis et projetés, n'a pas abouti.

A défaut de créer un potager pour l'auberge, nous en avons donc commencé un sur le balcon de notre appartement. C'était il y a quatre ans, maintenant.

Potager de balcon 2017

Il y a énormément de choses qui n'allaient pas, sur ce balcon. La lumière, les sacs IKEA en guise de fond de bac, notre absence tout l'été pour aller travailler à Paléo. Nous avons pourtant réussi à faire quelques salades, de la roquette, des tomates et des aromatiques. Mais soyons sérieux : nous étions loin, très loin de l'autosuffisance alimentaire. Désormais, nous sommes en maison. Avec un potager en pleine terre, deux bacs potagers et des jardinières et pots un peu partout. Nous le partageons avec le papa de l'Amoureux. Mais cette année, retraite et confinement oblige, nous l'avons géré seuls... et on en a profité pour expérimenter !


Ce qui était prévu :

Le potager, en Mai 2019

Le potager se divise en plusieurs espaces : un bac pour les aromatiques, un bac pour les salades. Leur muret permet d'ajouter un cadre bâché qui créé un effet "serre". A ces espaces s'ajoute le terrain "pleine terre" dans lequel nous mettons tous les légumes. En plus de ces trois espaces, une ligne de fruitiers (mûres, groseilles, cassis), deux pommiers, un prunier, deux cerisiers et un poirier s'ajoutent au potager. Autant le dire : il y a du travail pour entretenir tout ça, et ce n'est pas de tout repos. Cet été, c'est le premier durant lequel nous avons réellement pu y travailler. Habituellement, nous rentrons tous les jours ou deux jours pour arroser le potager mais nous passons notre temps en bénévolat dans un festival de musique côté Suisse. L'année 2020 ayant vu tous ses événements annulés...notre festival également. Du coup, on a décidé de réellement s'investir dans le potager. Notre but était de pouvoir se nourrir exclusivement du potager durant la période estivale mais aussi de conserver le maximum de légumes pour l'hiver. Ce que nous avions prévu de planter :

Le matériel qui restait de l'an passé pour faire les semis

Il est prévu que la majorité des légumes soient bios. J'ai cependant conscience que l'agriculteur du champ juste à côté va sans doute utiliser des pesticides sur ce qu'il va cultiver cette année. La bio, c'est bien, mais ne le sera jamais totalement. Pour choisir les légumes, j'ai observé ce que le papa de l'Amoureux faisait déjà et aussi ce que nous mangions le plus. Si toutefois quelque chose venait à manquer, on l'achètera ou... on s'en passera ! De chez Kokopelli (bio) : - Concombres - Tomates (Rich, précoce) - Brocoli - Carottes - Poireaux - Aubergine - Piment doux (poivron) - Chou de Bruxelles - Chou fleur - Salades - Blettes - Potimarron - Butternut Graines données ou récupérées : - Tomates roses de Bern - Tomates cerises - Epinards De chez Botanic (bio) : - Pommes de terre - Oignons - Haricots verts - Radis de 18 jours.


Les plants que je ne fais pas, mis qu'on m'a donné : - Courgettes - Betteraves Pour ce qui est des aromatiques, nous avions déjà de la ciboulette (qui a d'ailleurs migré un peu partout dans le jardin), du persil, du romarin, de l'origan et du thym. J'ajoute de la menthe bio, du basilic, de la coriandre, j'étoffe le persil et surtout, j'ajoute des plantes médicinales : matricaire, calendula.. . Chez les fruitiers, j'ai voulu rajouter des framboisiers.

Ce qui s'est vraiment passé :

Le confinement n'a pas beaucoup aidé MAIS... on a tout de même réussi à faire quelque chose de correct. Une chose est sûre, j'ai sous-estimé la quantité de plants qu'il nous fallait pour être autonome. Dans les grandes lignes, voilà ce qui a très bien fonctionné et ce qui a moins bien rendu. On a décidé de créer un potager en "petits carrés", mais nous n'avons pas réellement diversifié le contenu. Il faudra le faire l'an prochain et mettre ensemble des plantes qui sont copines et s'entraident.

Le potager, début Juin

- Les concombres J'en referai, à coup sûr ! Mais il faudra penser à doubler, voire tripler les plants. Je n'en avais mis que deux, pour voir ce que ça allait donner... J'aurais mieux fait d'y aller franchement. Il faudra également que le tipi soit moins raide.

- Les Potimarrons C'est ma maman qui m'a donné deux de ses plants. Ils ont très bien pris, ont couru presqu'immédiatement et commencent à donner de petits fruits ronds. Il faudra attendre quelques semaines, encore, pour les manger. Mais c'est de bonne augure. Idem, l'an prochain, je rajouterai au moins trois pieds de plus.

- Tomates (Rich, précoce) C'est très simple : rien n'a fonctionné. Ni chez nous, ni chez nos voisins, copains, familles. Il n'y a que ma maman qui a des plans de tomates qui ne lui ont pas rendu la vie difficile. D'abord, après un gros coup de chaleur, tous nos plants ont "brulé". Il a fallu les remplacer. Heureusement mon oncle m'en a donné, une amie également et j'ai cru pouvoir sauver ma production. Il était prévu 15 pieds, et de quoi faire quelques bocaux de sauce tomate pour l'hiver. Que nenni ! Les plants sont restés minuscules malgré un sol enrichi, et commencent tout juste à faire une tomate. UNE. Un échec, comme on dit.

Les tomates cerises. Elles, par contre, s'en donnent à coeur joie. Nous les avons mis dans un carré paillé avec du basilic. Elles vivent un peu leur meilleure vie et s'étalent. J'en ramasse une dizaine tous les jours.


- Les haricots verts Les haricots verts, eux, sont toujours contents et poussent allègrement en ligne. L'an prochain, je mettrai moins d'espace entre les graines, et j'ajouterai deux lignes de plus à deux semaines d'intervalle les unes des autres. J'aime beaucoup trop les haricots, et il faudra que j'en fasse des réserves pour l'hiver. Ils font parti des légumes que j'achète en surgelés et que je mets dans les soupes, accompagnements à toutes les sauces !

- Les brocolis

Comme j'ai planté les brocolis vers mi-juillet, j'ai pris huit plants. Ils se font un peu grignoter par les limaces mais pour le moment, c'est bien parti. Bilan après l'hiver. - Les carottes UN ECHEC. Ça n'a presque pas poussé. Que dis-je. Ça n'a pas poussé. J'y renonce. Nous n'en mangeons pas assez pour que j'essaie de nouveau. - Les poireaux J'ai d'abord essayé en semis que j'ai mis en pleine terre mi-mai. Autant dire que seuls trois pauvres petits poireaux sont sortis. J'ai ensuite acheté un botte à Anne, dans les Baronnies provençales, au retour du Sud et parce que ça faisait très longtemps que je voulais venir la voir. Sa récente installation, à elle et Samuel, littéralement sur ma route a décidé mon arrêt. Comme je n'en avais pas assez (!!) j'en ai donc acheté chez mon petit producteur du marché deux bottes de trente. Je vais lui en reprendre deux ce weekend. C'est le légume préféré de l'Amoureux alors je préfère voir trop gros que pas assez.

- Les aubergines Pas de ratatouille entièrement maison cette année : les plants sont restés petits et les fleurs sèchent sur elles-mêmes sitôt la floraison terminée. - Piment doux (poivron) Idem, c'est un échec. Ils se sont fait dévorés par les limaces. - Chou fleur J'en ai planté trois pieds qui vont très bien...pour le moment ! - Les salades J'en ai aussi pris à Anne, qui repoussent sur elles-mêmes depuis. J'en ai fait monter une en graines pour pouvoir les récupérer pour l'an prochain. J'ai tout de même rajouté des plants puisque c'est l'ingrédient principal de mes déjeuners d'été. - Les blettes

De chez Anne également. Elles vont très bien et j'en prélève quelques feuilles déjà. Etant donné qu'une blette de l'an dernier a poussé spontanément au pied de mon potimarron, j'ai implanté celles-ci en bordure du terrain pour qu'elles puissent rester d'années en années, si elles le veulent bien. - Le chou kale Il n'était pas prévu mais Anne avait des plants. J'ai donc craqué pour six pieds. Ils ne sont pas encore assez grands pour être mangés mais ce n'est pas grave : on les consomme plutôt l'hiver.

- Butternut & courgettes. Drôle d'aventure que ces courgettes et butternut.. Une amie voulait des concombres que je lui ai donné. En échange, elle voulait me donner des courgettes. Sauf qu'elle avait oublié de distinguer les plants, et on s'est retrouvées à ne pas savoir quoi était quoi. On a donc refait un échange et je lui ai donné mes plants de butternut. Quant à moi, j'ai donc été patiente et attendu de voir ce que j'avais planté et où...! J'ai, après trois mois d'attente, enfin la réponse puisque des courgettes ont émergé dans leurs plants respectifs.

- Les pommes de terre J'ai planté des pommes de terre bio qui me restaient, de type Amandine ou grenailles, je ne sais plus. Toujours est-il qu'on se régale. Il en reste encore un peu en terre mais nous allons tout sortir et remplacer par une rangée tardive de haricots verts. - Les oignons Je suis RA-VIE de cette expérience et nous nous régalons à mettre des oignons du jardin entier dans la plupart de nos plats. J'en mettrai le quadruple, l'an prochain. Clairement.

- Radis de 18 jours.

Je vais me résigner à acheter mes radis au marché. Ils n'ont JA-MAIS fonctionné. Ni sur mon balcon, ni dans mes jardinières, ni en pleine terre. Ja-mais. Ils sont restés minuscules et pourtant, ils étaient dans la serre, bien à l'humidité, pas trop profond mais pas trop en surface... Je leur ai même parlé tous les jours : rien n'y a fait.

- Les betteraves Ce ne sont pas des plants qui sont embêtants. Pour le moment, elles vivent leur meilleure vie entre les pieds de tomates.

C'est "tout" ! Merci d'avoir lu jusque là et n'hésite pas à partager tes astuces ou tes échecs au potager cette année !


Sophie.

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